GUY DE ROUGEMONT

Catalogue raisonné en ligne

Présentation

Le Catalogue Raisonné de Guy de Rougemont est actuellement en cours de conception et sera consultable en ligne prochainement.

L’artiste est représenté par la galerie Ketabi-Bourdet (Paris) et bénéficiera d'une exposition personnelle à l'occasion de la TEFAF à Maastricht.

Guy de Rougemont naît le 23 avril 1935 à Paris, de l’union de l’officier de cavalerie Jean-Louis du Temple de Rougemont (1910-1990) et de Louise Lejeune (1913-2002), descendante du Général Baron Lejeune (1775-1848), peintre de batailles et de Caroline Murat (1782-1839), sœur de Napoléon 1er. Aîné de cinq enfants, Guy de Rougemont partage dès le plus jeune âge une passion pour l’art avec le reste de sa fratrie.

Dès l’enfance, Guy de Rougemont est initié à la pratique artistique par sa grand-mère paternelle américaine, qui lui enseigne l’aquarelle : l’artiste lui doit, disait-il, ses premiers élans artistiques. Après la deuxième guerre mondiale, son père est muté en Grande-Bretagne, ce qui permet au jeune Guy de visiter les musées londoniens au cours de ses différents séjours.

En 1957, Jean-Louis du Temple de Rougemont est nommé au Pentagone, la famille s’installe une année à Washington, où Guy de Rougemont suit les cours d’une école américaine et expose sa première aquarelle. De retour à Paris, il achève sa scolarité au Cours Bergson.

En 1953, il prépare l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs dans l’atelier du peintre Bernard Cathelin (1919-2004), rue de la Grande Chaumière. Il est admis en 1954 et privilégie la peinture, suivant les cours du peintre français Marcel Gromaire (1892-1971).

Ses premières expositions personnelles se tiennent ensuite à l’étranger : en 1962, ses toiles sont présentées à la d’Arcy Galleries de New York. De 1962 à 1964, il est boursier de l’État à la Casa Velasquez de Madrid et présente ses travaux à la galerie Ateneo Mercantil de Valence en 1964 : la culture espagnole s’imprègne en lui de manière irréversible.

Le choix de l’abstraction (1965)

Guy de Rougemont passe l’année 1965 à New York, à l’invitation de ses amis Jean et Irène Amic. Vivant en colocation avec la peintre Marisol Escobar, il rencontre les artistes en vue de la scène new yorkaise, d’Andy Warhol à Robert Indiana, en passant par Frank Stella. Il s’ouvre à la peinture acrylique grand format, mesure la force des formes simplifiées et épurées, ainsi que la puissance de la couleur en aplat. Son œuvre est souvent assimilée aux courants du Pop Art et du Minimalisme, dont il s’inspire des formes, sans pour autant s’en revendiquer.

Quatre grandes périodes peuvent être esquissées dans la carrière de Guy de Rougemont, à partir des formes géométriques qu’il employait pour composer ses œuvres. Dès les années 1965, il introduit l’ellipse. Celle-ci se développe sur la surface de sa toile jusqu’à ce qu’un événement majeur se produise.

En 1967, il réalise l’environnement pour le Hall Fiat des Champs-Élysées à Paris. L’artiste a placé ses toiles découpées en forme d’ellipses dans le lieu d’exposition, instaurant un dialogue avec les automobiles. Par le biais de cette forme géométrique, l’artiste produit ses premiers objets en volume.

Au début des années 1970, il commence à utiliser le cylindre. L’artiste considérait cette forme géométrique comme la parfaite combinaison de cercles et de lignes, il l’a donc utilisée pour placer ses volumes polychromes dans l’espace. Ses grands cylindres, également surnommés « totems », « colonnes » ou encore « balises » prennent place dans l’espace extérieur, comme sur la place Albert Thomas à Villeurbanne, ou dans l’espace intérieur, comme le montre la sculpture Colonnes de table.

Un événement majeur ayant marqué l’usage du cylindre est la Mise en couleurs d’un musée, au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1974. L’artiste avait lui-même reconnu, a posteriori, que cette installation lui avait permis de recevoir de nombreuses commandes. Les vingt colonnes du portique du musée étaient recouvertes de P.V.C coloré, de manière éphémère. Il a pu jouer avec les frontières, plaçant son œuvre entre deux espaces, intérieur et extérieur, dont la jonction était matérialisée par le parvis du musée.

À la fin de la décennie et particulièrement durant les années 1980, l’artiste a abandonné le cylindre pour la surface tramée. L’une de ses réalisations les plus connues de cette période est la mosaïque de marbres colorés réalisée en 1986, qui orne toujours le pavement du parvis Bellechasse, devant le musée d’Orsay. Les formes géométriques polychromes ont été intégrées dans le sol de l’espace urbain.

Finalement, à partir des années 2000 et jusqu’à la fin de sa vie, l’artiste a déployé la ligne serpentine, signant un retour marqué à l’usage de formes courbes. Guy de Rougemont a énormément produit et ce sur de nombreux supports, s’essayant aux divers médiums artistiques.

Un « rebelle en tweed »

Selon son ami Eduardo Arroyo, il « applique son langage à l’univers ». L’artiste veut, comme de nombreux autres artistes du XXe siècle, décloisonner les arts. Son objectif est de placer la couleur dans l’espace de la vie quotidienne. Cela passe par l’usage de l’ensemble des moyens artistiques mis à sa disposition. L’artiste se décrit néanmoins comme peintre avant tout. Cette distinction est concrétisée officiellement lors de sa nomination à l’Académie des Beaux-Arts au siège de peintre en 1997.

Souvent taxé de mondain, un « rebelle en tweed », s’amusait-il, l’artiste aimait l’art et la fête, les artistes et les amis, la corrida et les chats, son remarquable mas du midi et son élégante épouse Anne-Marie. Attentif à son entourage, il s’inspirait des univers créatifs de ses nombreux amis artistes, tout en demeurant singulier dans sa pratique, ne se revendiquant d’aucun groupe artistique. Son œuvre ne suit qu’une ligne directrice, celle de l’évidence formelle, permise par l’usage de formes géométriques, compréhensibles par tous et dictées par une certaine rigueur sous-jacente. La couleur s’organise ensuite au sein de ces formes. Adrien Goetz écrit à son propos en 2019, dans le catalogue d’exposition De l’ellipse à la ligne serpentine de la galerie Diane de Polignac à Paris, qu’il « libère ses formes autant qu’il les ordonne ». Jusqu’à la fin de sa vie, l’artiste est resté fidèle à sa quête de la couleur et de la lumière, poursuivant cette liberté créative qui lui est propre.